vendredi 9 décembre 2011

C’était ça le sommet de la dernière chance !

Le sommet d’hier à Bruxelles était celui de la dernière chance, nous avait-on dit, voyons le contenu de l'accord signé :
- Commençons par la nouvelle positive, l’instauration de la règle d’or dans la constitution des pays de la zone euro, une idée que nous défendons ici, et qui a le mérite de pointer la source du problème. Maintenant, les délais de mise en place risquent d’être trop longs par rapport à l’urgence de la situation.
- Ensuite, une mesure d’affichage avec des sanctions prononcées contre les pays en déficit excessif, cela était déjà prévu dans les critères de Maastricht et n’avait pas été appliqué…
- Puis la recette utilisée depuis le début de la crise : rajouter de la dette à la dette, avec le MES (Mécanisme européen de stabilité, qui se rajoute au FESF), et aussi, coup de billard à deux bandes, en prêtant 200 milliards (qui seraient débloqués via les banques centrales nationales, mais la BCE n’est pas d’accord) au FMI pour qu’il les reprête à des pays européens. N’importe quoi. Du Ponzi à l’état pur.
- Enfin le déni complet de la réalité : «le secteur privé ne sera plus mis à contribution en cas de restructuration de la dette d'un État comme cela fut le cas avec la Grèce». L’UE veut empêcher les restructurations de dette souveraine à l’avenir (il s’agit là d’inciter les investisseurs à revenir acheter de la dette européenne en leur assurant qu’ils ne subiront pas de pertes) alors que plusieurs pays (Portugal, Irlande, peut être Espagne et Italie) ont une dette insoutenable.
Il s’agit d’un bricolage maladroit, rien de plus. Encore un sommet pour pas grand-chose, en attendant le prochain qui sera, soyons-en sûr, celui de la « dernière chance ».

Philippe Herlin

21 commentaires:

  1. Mais comment pourrait-il en être autrement vu les dissensions internes qui se font jour régulièrement? Ils ne sont d'accord que sur de vagues principes, non sur l'essentiel... et surtout l'Allemagne refuse, à juste titre, de devenir la vache à lait de l'Europe du sud endettée jusqu'au cou - et elle a bien raison!
    Avez-vous vu la courte interview de M. Kerber sur BFM?

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  2. Concernant la première règle, ça commence plutôt mal. A priori, elle ne devrait pas être entérinée avant les présidentielles françaises. En sachant qu'une alternance politique est plus que probable en France, et que la gauche est actuellement contre cette règle qu'elle juge absurde, alors, oui, on peut bel et bien dire que cet accord est mort né....

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  3. C'est là qu'on voit l'énorme manipulation médiatique à chaque grande réunion de ce genre, encore ce matin BFM crie victoire en voyant le CAC accueillir la fin de ce sommet avec un petit rebond qui ne permet même pas de récupérer la moitié de ce qu'on a perdu hier en bourse

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  4. cher M. Herlin, vous êtes assez imprudent en parlant de « prochain sommet » car il se pourrait très bien que la zone euro explose en plein vol d'ici là

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  5. En tout cas, les acteurs de la machine economique assimilent peu a peu la nouvelle donne. Il y a quelques semaines encore, les bourses s'effondraient durablement, pendant plusieurs jours d'affilee, a la moindre mauvaise nouvelle, a la moindre rumeur auto-realisatrice - j'adore ce nouveau mot employe a tort et a travers en ce moment. Depuis quelques jours, les marches ont tendance a mieux encaisser les rumeurs et les mauvaises nouvelles puisqu'ils se ressaisissent des les premiers echanges. C'est un signe fort d'adaptation. Mieux, c'est le signe que nos amis les marches s'habituent a la situation, et ce malgre les gesticulations des agitateurs et des agences de notation. Comme le disait je ne sais plus quel anonyme dans un precedent post, trop de peur finit par tuer la peur. Bref, la machine continue de tourner, envers et contre tout. Je precise que je ne suis pas particulierement un defenseur de l'Union Europeenne.

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  6. La montagne a encore accouchée d’une sourie…. Ils n’arrivent même plus à faire illusion…. Les mines faussement réjouis cachent mal l’échec.
    Qu’on en termine une bonne fois pour toute avec cet euro

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  7. C'es vrai que les marchés semblent s'habituer, aujourd'hui l'euro se stabilise face au dollar.

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  8. En effet. Selon Reuters : A Paris, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale, qui ont ouvert en nette baisse après la dégradation de leurs notes de crédit par l'agence de notation Moody's, se reprennent nettement. L'euro regagne du terrain, autour de 1,34 dollar, mais reste sous pression alors que les investisseurs doutent de la capacité.

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  9. Et si maintenant "lesmarchés" s'intéressaient à nos amis (sans guillemets) britanniques et à leur gigantesque endettement (public PLUS privé)pour changer?

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  10. Excellent ! En effet, ce serait formidable si l'Angleterre ET les Etats-Unis étaient la prochaine cible de nos amis les marchés. Ce qui ne saurait tarder, vu la tournure des événements. Il leur faudra alors suer pour rassurer leur opinion publique. Chacun son tour, théorie des dominos oblige.

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  11. Vendredi 9 décembre 2011 :

    Le maintien de la Grèce, qui négocie désormais un "hair cut " de 80 % sur sa dette, n'est même pas certain.

    http://www.latribune.fr/opinions/editos/20111209trib000670182/super-mario-priez-pour-nous.html

    1- Au début, ils disaient : "Ne vous inquiétez pas : la Grèce remboursera sa dette."

    2- Ensuite, ils ont dit : "Ne vous inquiétez pas : la Grèce ne remboursera pas la totalité de sa dette, mais la Grèce remboursera presque toute sa dette."

    3- Ensuite, ils ont dit : "Les prêteurs vont perdre 21 % de leur mise."

    4- Ensuite, ils ont dit : "Les prêteurs vont perdre 50 % de leur mise."

    5- Aujourd'hui, ils disent : "Les prêteurs vont perdre 80 % de leur mise."

    6- Et demain ?

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  12. Demain est un autre jour, comme le dit si joliment Scarlett O'Hara.

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  13. @ BA : vous ne comprenez donc rien. Seule notre élite peut comprendre ce qu'elle fait, et elle seule croit avoir sauvé l'Euro et l'Europe du désastre. Mais j'ai bien peur que ceci ne relève que du domaine de la croyance...

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  14. peu importe, le MES-ponzi va servir à racheter la dette à maturité des OAT de sorte à ce que les prêteurs hors euro seront remboursés.

    66% de la dette de la france est détenu hors france. Si on saborde l'euro pour remettre le compte à zero, les gens qui ont 66% de nos dettes seront mécontents de nous. (les 34 % autres,c'est nous en assurance-vie, donc nos dirigeants s'en moquent comme de l'an 40)

    Donc ils vont faire tenir ce système merdique le temps que les étrangers larguent leur dettes en les faisant racheter MES, c'est à dire nous-mêmes.
    Puis ils pourront enfin saborder l'euro en hyperinflation pour flouer uniquement nous-mêmes.



    Pour connaitre la date de l'effondrement de cette ineptie qu'est l'euro, il suffit de savoir combien de % de nos dettes sont détenus par des hors EURSS.

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  15. Les politiques sont plus fins qu'on ne le croit : terrifier les peuples avec la crise de la dette, leur laisser penser qu'ils peuvent perdre leurs economies, dans le seul but de servir leurs propres interets. Oui, la politique a encore de beaux jours devant elle.

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  16. la Perfide Albion... nous a bien planté encore une fois

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  17. M. Herlin, un petit article sur le MES, c'est possible ?

    J'ai lu des choses terrifiantes au sujet de ce MES, et votre analyse m'aidera à faire la part des choses.

    Ce MES, c'est un nouveau Ponzi comme vous l'aviez expliqué pour le FESF ? (et comme semble le croire l'annyme de 18 h 48)

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  18. La première règle, pourquoi pas ? Mais voilà : si vous avez 100 de recettes et 200 de dépenses comme c'est le cas en France, qui dit qu'on essaiera pas d'avoir 200 de recettes pour toujours 200 de dépenses, l'objectif de l'équilibre étant atteint ?

    La règle d'or permettra donc de faire exploser les impôts et de maintenir en vie nos Etats obèses. L'avantage, c'est que ça ne durera pas longtemps.

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  19. En attendant, une chose est certaine. Les peuples, profondément idiots par nature, ne seront pas consultés. La seule volonté des grandes intelligences nommées Sarkozy et Merkel, véritables Dieux vivants ayant sauvés l'Euro et l'Europe du désastre, imposent leur loi. Le problème n'est donc plus seulement économique, mais aussi politique. Plus la crise s'aggrave, plus l'Union Européenne se transforme en régime totalitaire. Mais jusque quand ?

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  20. Tout a fait, le coeur du problème n'est pas economique mais politique.

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  21. Oui, les sommets de "la dernière chance", il y en a un tous les deux mois maintenant et quand chacun s'est clôturé tout le monde a respiré avec un soupir de soulagement. Comme si tout était réglé et la solution (enfin) trouvée. On nage en plein rêve, en plein irréalité et la situation continue à empirer de jour en jour.

    Quand se rendront-ils compte que toutes ces gesticulations sont grotesques ?

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