S’il fallait un signe supplémentaire que l’inflation est en train de repartir, comme nous l’avions expliqué ici, en voici un. Les banques commencent à prendre leurs précautions : sous prétexte d’offrir des taux plus intéressants, elles se mettent à faire la promotion du crédit immobilier « à taux mixte » (Les Echos), c'est-à-dire un taux fixe durant les premières années, et un taux variable ensuite. Un prêt de longue durée à taux fixe est intéressant pour l’emprunteur mais risqué pour le prêteur : si l’inflation repart, il est perdant car remboursé en monnaie dévaluée. Les banques françaises ont dans leurs comptes des dizaines de milliards de crédit immobilier à environ 4 %. Lorsque l’inflation est à 2 % tout va bien, mais si elle passe à 4, 6 ou 8 %, c’est la catastrophe et des milliards d’euros de pertes à provisionner. Pressentant une remontée durable des prix, que chacun peut déjà constater en faisant ses courses, les banques proposent ces nouveaux types de prêts en faisant miroiter aux nouveaux acquéreurs quelques dixièmes de pourcents d’économie. Evidemment, il ne faut pas tomber dans ce piège.
> Suivez La revue de presse de la crise financière.
Philippe Herlin
mercredi 21 mars 2012
samedi 17 mars 2012
Mercredi, je dédicace mes trois livres !
Petit rappel : mercredi 21 mars de 18h à 20h30, je dédicace Repenser l’économie, L’or, un placement d’avenir et la 2e édition de France, la faillite ? à la Librairie Eyrolles, 57 bd Saint Germain, Paris 5e (M Maubert, Cluny, Saint Michel). Vous pouvez vous inscrire sur l’évènement Facebook. Au plaisir de vous y rencontrer !
Si vous avez lu et apprécié ces livres, je vous remercie de poster vos commentaires sur Amazon.
Philippe Herlin
Si vous avez lu et apprécié ces livres, je vous remercie de poster vos commentaires sur Amazon.
Philippe Herlin
mercredi 14 mars 2012
Arrêtons de croire béatement aux chiffres de l'INSEE ! L’inflation est à 10 % en France
Mon nouveau texte pour Atlantico : Arrêtons de croire béatement aux chiffres de l'INSEE ! L’inflation est à 10 % en France
Rappel : je dédicacerai mes trois livres le samedi 17 mars de 14h30 à 15h30 au Salon du livre sur le stand Eyrolles (N 42) et le mercredi 21 mars de 18h à 20h30 à la Librairie Eyrolles 57 bd St Germain (inscrivez-vous sur l’évènement Facebook). Au plaisir de vous y rencontrer !
Philippe Herlin
Rappel : je dédicacerai mes trois livres le samedi 17 mars de 14h30 à 15h30 au Salon du livre sur le stand Eyrolles (N 42) et le mercredi 21 mars de 18h à 20h30 à la Librairie Eyrolles 57 bd St Germain (inscrivez-vous sur l’évènement Facebook). Au plaisir de vous y rencontrer !
Philippe Herlin
samedi 10 mars 2012
Les CDS sur la Grèce déclenchés !
Le plan grec déjà à l’eau ? L’ISDA, l’organisme privé qui gère les CDS, vient de décider que – finalement – ceux-ci seraient déclenchés (Les Echos, communiqué de l'ISDA) ! Il avait pourtant donné un avis contraire il y a quelques jours, s’appuyant sur le fait que les créanciers de la Grèce acceptaient « volontairement » de perdre 75 % de leur mise. Sur l’insistante pression des Etats, les banques et les assurances avaient en effet accepté ce plan de restructuration, au final plus des trois quarts des investisseurs ont signé cet accord, jeudi dernier. Quelques uns résistaient encore et Athènes, sûr de son bon droit, engageait alors des poursuites (une clause d’action collective) pour les forcer à signer. Erreur ! L’ISDA considère désormais qu’il s’agit d’un défaut en bonne et due forme et déclenche les CDS. Pour celui qui en possède, il s’agit d’une bonne affaire : son emprunt grec est remboursé à 25% par la Grèce, les 75 % restant sont payés par la banque qui lui a vendu les CDS, bingo ! Pour celui qui les paye (qui a vendu les CDS), ce n'est pas une bonne nouvelle, il faut payer immédiatement de grosses sommes d'argent (c'est de cette façon qu'AIG a fait faillite en 2008)... Les montants en jeu seraient faibles, ce qui ne ferait pas peser de risque systémique sur le système financier. Cependant les CDS sont un produit de gré à gré et l’ISDA ne connaît pas forcément tous ceux qui ont été signés… Première indication lundi, mais les marchés risquent de ne pas aimer.
Philippe Herlin
Philippe Herlin
mardi 6 mars 2012
L'économie-Ponzi
Le quotidien suisse Le Temps l’écrit tranquillement : « Les places boursières connaissent un début d'année prolifique grâce à l'injection de liquidités par la BCE ». Les deux prêts géants de la BCE les 21 décembre et 29 février (1.000 milliards d’euros au total) se retrouvent aussi en partie sur les marchés boursiers. Les banques européennes consacrent une part de cet argent presque « gratuit » (1 % l’an sur 3 ans) à l’acquisition d’emprunts d’Etat (d’où la détente actuelle sur les taux). Elles en placent aussi une fraction sur les bourses, résultat les cours montent. Le marché progresse de 1 % et les frais liés aux intérêts sur l’année sont payés, après c’est du bonus, de quoi reconstituer les marges ! Mais ce que l’on décrit ici s’appelle une bulle, un phénomène auto-entretenu, d’autant plus artificiel que la croissance prévue en Europe est proche de zéro. Alors oui la bourse peut encore monter, mais gare à la chute ! Plus globalement on voit comment ces liquidités offertes par la BCE aux banques est en train de déformer les prix des actifs financiers, ainsi que le marché des changes (comme s’en plaint le Brésil), c'est-à-dire de donner de mauvaises informations au marché, donc de porter en germe la prochaine crise.
Philippe Herlin
Philippe Herlin
jeudi 1 mars 2012
Sortie de « L’or, un placement d’avenir » et « France, la faillite ? »

C’est aujourd’hui que sortent mes deux livres, L’or, un placement d’avenir, le premier guide pratique grand public sur le sujet, et la deuxième édition de France, la faillite ?, le premier livre sur la dette de la France à sortir après la perte du triple A le 13 janvier dernier. Le premier ouvrage étant en quelque sorte la réponse au second… Vous pouvez consulter les sommaires détaillés et les 4e de couverture ici.
Par ailleurs voici un premier article sur Repenser l’économie.
Je dédicacerai mes trois livres le samedi 17 mars de 14h30 à 15h30 au Salon du livre sur le stand Eyrolles (N 42) et le mercredi 21 mars de 18h à 20h30 à la Librairie Eyrolles 57 bd St Germain (événement Facebook). Au plaisir de vous y rencontrer !
Philippe Herlin
mercredi 29 février 2012
Malgré les apparences, la crise financière s’aggrave
Le deuxième prêt géant de la BCE dont nous parlions dans notre précédent billet vient d’être bouclé : 800 banques européennes ont demandé 530 milliards d’euros (à 3 ans à 1 %). Soit une progression par rapport à la première opération de décembre dernier (523 banques pour 489 milliards). La conclusion est donc claire : la crise s’aggrave. Le marché interbancaire reste bloqué, les banques ne se font plus confiance entre elles et sont obligées de se tourner vers la BCE pour se refinancer. Le secteur bancaire européen devient de plus en plus dépendant de la BCE et de sa planche à billet. Quelles sont les banques en plus mauvaise posture ? Selon Les Echos : « D'après les stratèges de BNP Paribas, les banques espagnoles, françaises et italiennes devaient certainement prendre une part importante des liquidités injectées ce matin : elles avaient déjà reçu des sommes élevées en décembre. » Bien sûr cet afflux de liquidité permet d’éviter les faillites bancaires et fait baisser les taux des emprunts d’Etat, ce qui donne l’apparence que les choses s’améliorent. La bourse montera, c’est à prévoir. Mais tout ceci est financé avec de la fausse monnaie.
Philippe Herlin
Philippe Herlin
mardi 28 février 2012
Chronique d'un crash annoncé : l'ouverture des vannes à liquidité de la BCE est-elle une fuite en avant ?
Mon nouveau texte sur Atlantico : Chronique d'un crash annoncé : l'ouverture des vannes à liquidité de la BCE est-elle une fuite en avant ?

Merci à EconomieMag sur Twitter (3988 abonnés) qui parle de mon livre Repenser l'économie :
Philippe Herlin

Merci à EconomieMag sur Twitter (3988 abonnés) qui parle de mon livre Repenser l'économie :
Philippe Herlin
lundi 27 février 2012
Cavalerie : la BCE paye les factures des PME espagnoles !
Les administrations publiques espagnoles (Etat, régions, villes) ont accumulé des retards de paiement envers leurs fournisseurs (des entreprises privées). Ce travers est courant, on le connaît aussi en France : le secteur public retarde ses paiements et la dette s’accumule envers les entreprises, mettant parfois leur existence en danger. En Espagne, cette dette atteint le montant exceptionnel de 40 milliards d’euros et le nouveau premier ministre, Mariano Rajoy, a annoncé jeudi dernier vouloir régler définitivement le problème. Mais avec quel argent puisque l’Etat et les régions sont très endettées, et les banques très malades ? La réponse vient de tomber, elle est stupéfiante : avec l’argent de la Banque centrale européenne. La BCE va en effet, ce mercredi 29 février, proposer un deuxième prêt à 3 ans à 1 % à toutes les banques qui le souhaitent. Après celle du 22 décembre, on estime que cette gigantesque injection de liquidité sera du même ordre de grandeur. L’Etat espagnol va donc créer un consortium bancaire pour capter une quarantaine de milliards et s’acquitter ainsi de cette dette. Autrement dit, la BCE va payer 40 milliards de factures de PME espagnoles. On ne fait ici que déplacer la dette bien sûr (de l’Espagne vers la BCE) en espérant que d’ici trois ans la situation économique de l’Espagne se sera améliorée et que ces 40 milliards pourront être remboursés… Mais ce n’est que de la cavalerie, de la dette qui augmente encore et encore.
> Je dédicace mes trois livres le mercredi 21 mars de 18h à 20h30 à la Librairie Eyrolles 57 bd Saint Germain, Paris 5e (sur Facebook)
Philippe Herlin
> Je dédicace mes trois livres le mercredi 21 mars de 18h à 20h30 à la Librairie Eyrolles 57 bd Saint Germain, Paris 5e (sur Facebook)
Philippe Herlin
mercredi 22 février 2012
MES = Ponzi
Le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) vient d’être adopté par la France lors d’un vote à l’Assemblée nationale hier. Nous dirons à son propos exactement ce que nous avons dit sur le FESF dont il prend la suite : MES = Ponzi. En effet, comment fonctionne-t-il ? Des Etats en déficit et très endettés, mais encore capables d’emprunter sur les marchés à des taux satisfaisants (Allemagne, France essentiellement) interviennent en garantie de ce fonds pour qu’il puisse lever de l’argent sur les marchés. Ensuite le MES reprête ces sommes aux pays en difficulté (Portugal, Espagne, Italie, etc) en attendant qu’ils redressent leurs comptes publics… Le MES va ainsi acquérir des actifs de mauvaise qualité ou carrément pourris (bons du Trésor portugais, grecs, etc) et devenir une sorte de gigantesque subprime planant au-dessus de l’Europe. Et qui va acheter les emprunts émis par le MES pour se financer ? Les banques européennes. Le système tourne en rond, des Etats « viables » vers ceux qui ne le sont plus, le tout étant financé par les banques, c'est-à-dire notre épargne. Et pire encore, le FESF était placé sous le contrôle des Etats, tandis que le MES sera une organisation indépendante : même si la France (ainsi que l’Allemagne et l’Italie) dispose de la minorité de blocage, « une fois le protocole d'accord signé entre le pays demandeur et le MES, aucune action judiciaire ou administrative ne peut en effet être engagé contre le fonds et les conditions qu'il impose à ses débiteurs. » (JDD). On voudrait nous présenter le MES comme une sorte de « FMI européen », c’est faux. Le FMI n’agit pas comme une « bad bank » qui reprend à son compte les créances pourries mais, au contraire, organise une restructuration touchant tous les créanciers, le volume de ses prêts restant relativement faible. Tout cela va très mal finir.
Philippe Herlin
Philippe Herlin
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